Comme d'hab', bonne lecture, et même si vous n'avez pas aimé, faîtes-moi signe ;)
On était là. On ne savait pas trop pourquoi, ni comment, ni où, ni quand. Il en arrivait constamment. Des dizaines par secondes. Et autant repartaient. A la même cadence. On ne savait pas trop à quoi ressemblait l'endroit où nous étions, mais on y vivait. Sans se poser trop de questions. Sans trop observer ce qui nous entourait. Parfois, on pouvait entendre comme des éclats de voix, ici et là. Parfois encore, mais moins souvent, on pouvait entrevoir une silhouette essayer de se hisser au-dessus de nous. Alors on savait d'où venait lesdites protestations outrées qui ressemblaient plus aux piaillements d'un enfant perdu dans un grand centre commercial qu'à autre chose. Mais on n'y prêtait pas attention, évidemment. On était trop préoccupés par nous-mêmes. C'est pour ça qu'on ne se rendait pas bien compte des gens qui arrivaient et qui partaient. On ne savait même pas à quoi le voisin ressemblait. Et c'était le cadet de nos soucis que de savoir ce qu'il pensait. On se fichait encore plus de savoir s'il pensait. Alors ceux qui entendait protester, vous savez, on ne les voyait que par hasard au détour d'un chemin perplexe et apparemment réfléchi, et pourtant sans nul doute dénué de sens. On errait en fait, dans cette immensité grisâtre sans formes ni contours. On vagabondait. Peut-être à la recherche de... de quoi en fait ? Que pouvait-on chercher dans cet endroit vaguement gris, vide de sens et plein de ces « on » ? On était peut-être en quête de ce qu'on est vraiment, sans vraiment savoir ce qu'on voulait. On pouvait aller où bon nous semblait alors... alors on y allait. On ne savait pas où, mais on y allait. Ou pas. On s'en fichait en fait. On était arrivés ici. On attendait juste le moment où on allait partir. Mais comme on ne savait pas quand c'était, ben on essayait de s'occuper. Ou du moins d'avoir l'air occupé. On arrivait même à se persuader et croire dur comme fer qu'on était occupé, croire même qu'on faisait des trucs super importants.
Ben oui, fallait bien que nous autres humains, sur la planète Terre, nous ayons l'illusion de vivre en attendant de mourir.
@+ les terriens !